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  • Le Blog Atmosphérique

PICASSO.MANIA


Picasso.mania, exposition consacrée à l’influence de Picasso sur la création contemporaine, est ouverte au Grand Palais, à Paris, pour une durée de quatre mois. Elle est organisée par la Réunion des musées nationaux-Grand Palais, le Centre Pompidou et le Musée national Picasso-Paris.

Picasso a traversé le XXe siècle, fréquenté les artistes et les intellectuels, s’est engagé en politique, a produit une œuvre titanesque. Au moment de son décès, en 1973, c’est un géant qui disparaît.

Pendant quelques années, le monde de l’art met le travail de Picasso entre parenthèses, afin, peut-être, de laisser place à une génération plus jeune. Les œuvres de la fin de sa vie, qui avaient provoqué incompréhension ou rejet, ne sont plus présentées de l’exposition d’Avignon en 1973 jusqu’au début des années 1980.

Puis, petit à petit, l’œuvre de Picasso est revenue peupler l’imaginaire collectif. Et, au fond, ne l’a jamais vraiment quitté. C’est cette évidence que l’on constate dans l’exposition : Picasso, artiste populaire, est resté bien présent. On le retrouve dans des films, dans des publicités, dans des œuvres des artistes toutes générations confondues. Cinéma, photographie, danse, théâtre, art vidéo, télévision, documentaires, peinture, l’esprit de Picasso nous est dévoilé au fil des salles. Le cinéma révèle quelques curiosités, comme la présence centrale de l’artiste dans l’œuvre de Yasujiro Ozu, Bakushû [Été précoce], (1951) qui étonnera le visiteur. Les personnalités interviewées, en début d’exposition, enrichissent le débat.

L’exposition montre le travail du maître en se rapprochant de ce qu’il aurait aimé : un accrochage foisonnant, à la manière de celui qu’il réalisait dans ses ateliers et photographié, notamment, par Dora Maar, servi par une scénographie élégante. Puis, en confrontation, se succède son œuvre dans le regard des autres : son portrait (notamment celui de Yan Pei-Ming, Portrait de Picasso, 2009), ses recherches, ses chefs d’œuvres comme Guernica (revisité de manière spectaculaire par Adel Abessemed, Qui a peur du grand méchant loup ?, 2011-2012), les Demoiselles d’Avignon ou ses arlequins, ou même sa vision du monde.

On le savait sans le savoir, sans se rendre compte, sans réaliser à quel point son influence est demeurée intacte. Son génie créatif est partout, dans un mélange d’humour et de noirceur, de légèreté et de profondeur, de popularité et d’engagement politique. Au travers des différents supports, on le retrouve chez d’autres, « à la manière de » ou ostensiblement de façon décalée, ou en référence intellectuelle ou sociale. La présentation de l’exposition, inégale, montre ces différentes facettes avec plus ou moins de subtilité. Certaines œuvres, comme par exemple celles de Jasper Johns (Cups 4 Picasso, 1972), auraient mérité un espace plus grand et une mise en scène plus ambitieuse. Dans le magistral cycle des quatre saisons (Summer, 1985 ; Fall, 1986, Spring, 1986 ; Winter, 1986), la « rencontre » entre ces deux immenses artistes appelait un meilleur traitement et une mise en perspective plus approfondie. Pour Martin Kippenberger, l’identification au personnage est étonnante et les innombrables variations autour des portraits de Jacqueline (1996) arriveraient à nous convaincre qu’il a partagé son intimité. L’artiste est véritablement habité par Picasso.

La déambulation rappelle au visiteur un demi-siècle d’histoire de l’art et montre que l’héritage laissé par Picasso n’est pas exclusivement confiné à l’Europe et à l’Amérique du Nord. Le champ de réception de son œuvre est mondial et le dialogue qui s’établit avec des artistes de tous continents est prolixe, diversifié et multiculturel.

Plus d’une centaine d’œuvres de Picasso sont présentées auxquelles répondent celles des artistes.

Picasso.mania, du 7 octobre 2015 au 29 février 2016.

Commissariat général : Didier Ottinger, commissariat : Diana Widmaier-Picasso et Émilie Bouvard.

La scénographie est signée bGc studio, Giovanna Comana et Iva Berthon Gajsak.

Catalogue de l’exposition édité par la Réunion des musées nationaux-Grand Palais, 340 pages, 49 €.

#Expertise #Architecture

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